dimanche 20 mai 2018

Safe

Safe, d’après Harlan Coben et avec Michael C. Hall. 8 épisodes. 


Donc, ça se passe dans une gated community. Une portion de ville dans la ville avec des caméras et un gardien, où vivent des gens plutôt aisés et leurs couillons d’ados qui font les mêmes conneries que les autres. 

Un soir de fête en l’absence des parents — délicieux couple de m’as-tu-vus qui ont  une gentille fille qui aime trop le maquillage et se fait de l’argent de poche en vendant de la drogue — on retrouve un môme dans la piscine, sa petite amie a disparu. Son père est chirurgien, sa mère est morte d’un cancer un an plus tôt. Il est rongé par la culpabilité parce qu’il n’était pas là le soir où sa femme est morte… et c’est à peu près tout ce qu’on peut dire si on ne veut rien gâcher. 
Dans la meilleure tradition du genre, on suit le père obstiné — Michael C. Hall absolument remarquable — qui mène sa propre enquête, complètement indifférent à la légalité et à la prudence (on se demande quand même comment il fait pour bosser, vu que ça se passe sur quelques jours… et qu’on ne le voit jamais dire qu’il ne bossera pas…).
Petit à petit, comme on s’y attend, on remonte le fil longuement emmêlé des relations entre les ados entre eux, entre eux et  les adultes, entre les adultes, maris et femmes, couples unis ou pas, liaisons, amitiés, souvenirs, remords… Et on revient sur les scènes cruciales, la fête-qui-tourne-mal, l’enterrement de la mère, la soirée où le père aurait dû être là — la technique de dévoilement est la même que dans 21st century Boys, le manga, c’est en train de devenir un gimmick mais bon, bien fait ça marche au poil. 
C’est superbement joué, les ados sont crédibles, les adultes excellents tout au long d’un scénario qui déplie les marches de son escalier tel un implacable escalator qui ne mène jamais vraiment là où on pense aller. 
On devrait filer un je ne sais quoi, golden globe, bafta, emmy, à Michael C. Hall rien que pour la scène finale. (Au théâtre, dans Lazarus, j’avais la présence physique du type, le fameux machin magnétique qui attire l’œil et impose la présence. Dans une série on a les gros plans et l’émotion qui passe dans des regards et des frémissements imperceptibles autrement. Et aussi au scénariste, pour la fin comme je les aime : tous les fils regroupés et noués en une réplique. 
Bref, j’ai aimé. 

Sinon, aujourd’hui, il faisait un vent à décorner les fantômes des bœufs de Cow Hollow, qui a été le nom du quartier d’Union Square, qui de nos jours fait plutôt dans le commerçant chicos du centre ville. J’ai attendu un tram pendant ce qui m’a semblé des plombes, pendant qu’assis dans l’abribus un type à l’air pas en forme bataillait avec une bouteille de coca contenant apparemment de l’eau à bulles. Je n’ai compris ce qu’il faisait, ou tentait de faire que lorsque je me suis rendu compte que ce qu’il tenait n’était pas une paille mais une seringue. 

jeudi 10 mai 2018

Bien bien bien, on va dire que ce n’est pas très pratique de coller des photos ici avec l’ iPad (ou c’est moi qui ne maÎtrise pas, peu importe.) La photo du haut c’est tout simplement le jardin botanique, qui est à quelques arrêts de tram - je crois bien que j’y suis allée en premier parce que devoir déchiffrer chaque bout de paysage urbain, même si c’est formidablement intéressant, ça finit par saturer. Les arbres et les pelouses, surtout très grands, ça repose. Je suis revenue au Golden Gate Park le jeudi soir,  cette fois à la California Academy of Sciences qui est plutôt une sorte de Vilette avec partie musée d’histoire naturelle, aquarium, grands espaces d’expo et un planétatrium où j’ai vu deux œuvres musicales dans le cadre d’un festival de musiques électroniques et d’avant garde, Mutek. J’ai surtout apprécié le travail de Joanie Lemercier. Nimbes trailer from Joanie Lemercier on Vimeo.  En peinture j’appelleraits ça de l’expressionisme abstrait,  à cause de la capacité à générer de l’émotion à partir du travail sur l’image en lien avec la musique — de très beaux violoncelles et une vraie relation avec l’idée d’infini, que je n’éprouve la plupart du temps que devant des images d’astronomie.

lundi 30 avril 2018

Toulouse San Francisco, Nana Mouskouri avec ses lunettes et une interview sans couronne.







Il n’y a rien de plus étrange que de voir arriver ce que l’on attend et prépare depuis plusieurs semaines — ce qui n’a pas que des désavantages, car après tout, se débarrasser des corvées adminstratives d’avril/mai de type Agessa et impôts permet de prononcer cette phrase immémoriale : « une bonne chose de faite » sans laquelle l’administration serait vraiment impossible à supporter.


Tout cela pour dire que j’ai pris l’avion à Toulouse très tôt mercredi matin, ce qui m’a permis de somnoler ou de dormir plus ou moins jusqu’au moment du repas de midi dans l’airbus et après, si bien qu’ayant enfin découvert un film regardable sur l’espèce de boîte en plastique du siècle dernier encastrée dans le dossier du siège précédent, j’en ai raté la fin pour cause d’arrivée. Le film était 120 battements par minutes, parce que Cars 1, 2 ou 3 et autres ne me faisaient pas du tout envie. Mais c’était pour le moins frustrant.

Après quoi, il fallut prendre place dans une de ces interminables files à la Pac-Man mais en moins amusant pour passer la douane. Heureusement, j’avais pensé à prendre des boules quiès (y compris dans l’avion et pour écouter le film au  casque, les boules quiès filtrant les moteurs et laissant passer les dialogues — il faut ce qu’il faut.) sans quoi j’aurais sans doute massacré un pauvre môme épuisé ou deux.

Nana Mouskouri, je ne l’aurais sans doute pas reconnue si je ne l’avais pas vue la première fois de dos, ce qui permettait à un badge « Nana Mouskouri backstage » de pendouiller de son sac, en tout cas j’aurais juste vu une dame âgée mais se tenant parfaitement droite (et regardant bien autour d'elle derrière ses lunettes) et son vieux beau (qui est en fait son mari). Mais honnêtement, cette pauvre Nana ne représente rien de plus pour moi que l’ennui abyssal de la variétoche insipide des années 70 et je n’aurais jamais  pensé à elle — elle avait donc raison, pour le port de badge ridicule. (Faaaaaaaame…)

Me voilà donc installée dans un bel appartement tout neuf au premier étage d’une maison en bois perchée sur une colline du quartier de Cole Valley. Un endroit parfait, avec une vue nonseulement sur le quartier alentour mais sur la ville aux fameuses maisons en bois couleurs de vieilles porcelaines, jusqu’à la skyline de gratte ciels du centre. Pas la mer, les collines s’interposent, mais on s’en fout parc que c’est joliment boisé. Et il ne fait pas chaud, quinze seize maximum, ce qui me suffit amplement lorsqu’il s’agit de s’attaquer à ces fichues rues en pente ou à l’escalier qui mène jusqu’à mes pénates perchées.

Il était donc prévu une intervention au Bay Area Book Festival, qui se déroule donc à Berkeley. En dehors d’une tente et de micro stands pour éditeurs et auteurs indépendants, et du marché du samedi (des oranges bio, des champigons, des salades des carottes bio, de la cuisine éthiopienne, du miel bio, j’aurais bien fait mes courses mais il fallait rentrer par le Bart (une sorte de rer local bruyant, surtout sur la longueur)  se passe dans différents bâtiments du quartier. Nous étions donc au Magnes Museum of Jewish art and Life. L’assistance était plus nombreuse que les trois personnes à qui je m’attendais, Marie Brennan a mené l’interview de telle façon que je ne  me pas ennuyée une seconde. Et j’ai eu la surprise de la présence d’un monsieur qui lisait de la SF française, y compris Roland, ce qui ne pouvait que me faire immensément plaisir. (S’il se reconnaît, j’aimerais bien connaître son nom !). 

Et je vais m’arrêter là, parce que rédiger sur l’iPad s’avère franchement pénible au bout d’un moment. Je n’ai du coup pas parlé du panel avec Kim Stanley Robinson, demain peut-être !

(Les photos de l’interviw Sont de Marion Grange, merci à elle !)

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